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Carlos castañeda

 
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 13:16 (2010)    Sujet du message: Carlos castañeda Répondre en citant


Auteur américain, Carlos Castaneda est né le 25 décembre 1925 à Cajamarca au Pérou et mort le 27 avril 1998.
Il est étudiant en anthropologie à l'université de Los Angeles en 1960 lorsqu'il aurait fait la rencontre de Don Juan Matus (pseudonyme), un Indien se présentant comme Yaqui, dont il devint l'élève. L'ensemble de son œuvre découle des expériences et enseignements tirés de cette rencontre, dont la réalité est aujourd'hui encore vivement discutée.

Carlos Castaneda obtient un doctorat en anthropologie à l'université de Los Angeles en 1970.
Il a écrit douze livres autobiographiques qui racontent son expérience de la sorcellerie indienne sous la conduite du sorcier toltèque Yaqui Don Juan Matus. Ses livres relatent non seulement des éléments autobiographiques, mais sont considérés par certains comme un réel vecteur de l'enseignement chamanique de la tradition toltèque. À l'écoute de son maître, Carlos Castaneda prend note de la leçon initiatique d'une culture qu'il suppose être celle partagée par l'ensemble Yaquis (il pondérera son propos dans la préface du 'Voyage à Ixtlan').

Ses ouvrages connaissant un immense succès, furent l'occasion d'une vulgarisation d'une certaine forme de la pensée chamanique. Cependant, le langage éminemment symbolique retranscrit par Castaneda d'après les paroles du fameux chamane toltèque reste particulièrement métaphorique, et Carlos Castaneda ne sut en désceller ni la structure, ni le système qui en fonde l'ontologie.

A partir du milieu des années 1980, Carlos Castaneda transmet « les Passes Magiques », un aspect de la connaissance des chamanes du Mexique ancien jusque-là inconnu, et récusé par les indiens eux-mêmes. Cette partie de son œuvre, ainsi que les ouvrages qu'il publiera dès lors, sont extrêmment controversés au sein même de la communauté de ceux qui prêtent foi au contenu de son œuvre antérieure.

De nombreuses personnes ont essayé de rencontrer Castaneda. Adresse inconnue, photos interdites, il existe de lui quelques photos et dessins dont l'authenticité est toujours mise en doute. Il existe quelques très rares interviews, mais certains s'accordent à dire qu'elles étaient minutieusement orchestrées, et que leur but était moins le projecteur sur le personnage que la clarification de la doctrine. D'autres essayent même de l'atteindre par son plan métaphysique [1].

Incohérences autour de sa mort:
Castaneda est d'abord mort le 27 avril 1998, selon la presse ; qui précise plus tard, « autour du 27 avril 1998. » Il existe une incertitude de 3 jours autour de la date de sa mort, le corps aurait même disparu pour finir par être retrouvé. Le tout annoncé officiellement le 19 juin 1998, un mois et demi plus tard. Ce flou serait dû à l'existence d'un fils qui aurait demandé un black-out pour raisons testamentaires. Le corps est incinéré, et ses cendres sont dispersées au-dessus du désert mexicain dans la plus grande discrétion et à l'étonnement général. Le Los Angeles Times dira qu'il est mort comme il vivait « dans le calme, le secret et le mystère. »

Doutes quant à la véracité de ses récits:

Dans ses ouvrages, Carlos Castaneda fait le récit de son initiation, par un certain don Juan Matus, aux concepts des chamans du Mexique ancien. Pendant plus de dix ans, il aurait rendu de nombreuses visites au sorcier et à son clan, constitué d'hommes et de femmes tous impliqués entièrement dans la quête d'un but abstrait défini par les « voyants » de leur lignée : la liberté absolue ou la possibilité de conserver intacte leur conscience dans l'au-delà.

Carlos Castaneda décrit son immersion dans le monde de don Juan sur une longue période - période qui trouve son paroxysme au moment où don Juan Matus et son clan décident de quitter ce monde, laissant derrière eux une nouvelle génération d'apprentis, à leur tour entièrement impliqués dans la quête de la liberté absolue.

Le résultat de cet apparent effort de reconstitution et de clarification est à présent connu sous deux formes : ses ouvrages (dont une partie considérable s'est avéré être un plagiat composite), puis la pratique très controversée de la Tenségrité.

Ses ouvrages font état d'une philosophie (voir ci-dessous) dont l'objet est la quête de la Connaissance, déterminisme d'ordre ésotérique qui apporterait au sorcier des pouvoirs inconnus au commun des mortels, dont à terme celui de l'immortalité. À la fin de son apprentissage, et conformément à une très antique tradition, consécration qui confirme la réussite des adeptes, Casteneda doit sauter dans un ravin, selon la trame de l'enseignement du nagual : « Si tu n'as pas réussi à assembler un autre monde avant d'arriver au fond, tu es mort. »

Dans le courant des années 1980, Carlos Castaneda et trois femmes, tous prétendûment apprentis de don Juan Matus, décident de diffuser, pour quiconque était sincèrement intéressé, un des pans de la connaissance des chamans : les « passes magiques ». Selon Carlos Castaneda, ces passes magiques sont la modernisation de « mouvements » découverts et développés par les chamans du Mexique ancien durant des milliers d'années. Ces mouvements furent regroupés par Carlos Castaneda sous le titre Tenségrité, terme issu de l'architecture qui combine les mots tension et intégrité. À sa mort, un nombre important de sociétés commerciales revendiquèrent la légitimité d'enseigner la tenségrité. Aujourd'hui la société Cleargreen, fondé par Carlos Castaneda lui-même, est chargée d'enseigner la Tenségrité.

Une vaste polémique fait rage depuis des décennies sur l'authenticité du récit de Castaneda. Supposée être une autobiographie, et présentée comme telle, de nombreuses voix se sont élevées en criant à l’imposture. L’œuvre ne serait que le roman d’un écrivain facétieux dont la seule qualité serait une imagination illimitée. Il serait très long d'énumérer tous ses détracteurs, ainsi que tous ses défenseurs. Si des éléments restent bel et bien invérifiables (Castaneda présente son "travail d'anthropologue" d'une façon qui se départit trop fortement des précautions et de la rigueur de l'anthropologie traditionnelle), il existe de très forte présomption de fraudes et de mystifications, résumées par Christophe Bourseiller dans son ouvrage "'La vérité du mensonge'".

L'acteur, poète et réalisateur chilien Alexandro Jodorowski tranche le débat d'une façon facétieuse et élégante : soit les récits sont vrais, et Castaneda est un grand initié, soit il a tout inventé, et alors c'est un génie littéraire.

Dans les années 1970, Castaneda, est considéré par certains comme le messie d'une nouvelle religion, et est crédité d’une œuvre naissante cautionnant l’usage des substances psychédéliques, à la manière d'Antonin Artaud, d’Aldous Huxley ou de Timothy Leary. De nombreuses personnes partent donc vers le Mexique central, à la recherche de Don Juan, son maître à penser et inspirateur. Le pays est ratissé pendant des années, l’homme reste introuvable.

Un témoignage de poids viendra un temps alourdir cette présomption de farce. Une femme, se présentant comme l'ancienne compagne de Castaneda, viendra cautionner l’hypothèse de l’imposture [2]. Analysé par certains spécialistes de la biographie de Castaneda, le témoignage particulier de cette femme aurait finalement été considéré comme fébrile, contradictoire, et d’intérêt personnel.

Comme l'a largement démontré Richard deMille,de nombreux passages des récits de Carlos Castaneda se sont avérés être des plagiats de travaux sérieux d'étudiants ou d'anthropologues de l'UCLA.[3] Le problème n'est pas seulement que les idées étaient semblables d'un ouvrage de Castaneda à celui d'un auteur antérieur : des paragraphes entiers contiennent des phrases quasiment identiques, dans leur découpage comme dans leur syntaxe. Par exemple les "Quatre ennemis d'un homme de connaissance" de Castaneda sont presque certainement volés d'un livre de Barbara Myerhoff, publié quelques années auparavant.

Le désert sonoran relaté dans les œuvres de Carlos Castaneda ne ressemble que très vaguement au vrai désert (Castaneda ne mentionne jamais certains animaux - insectes de Peyotl, cochons sauvages - qui sont pourtant partout) et le comportement des animaux n'est pas juste (les souris crient sans être blessées pour attirer un puma...).

Les ouvrages de Carlos Castaneda ayant été un immense succès commercial, celui-ci s'est vu accuser d'exploiter un "filon" initialement très mince. Les écoles relatives aux enseignements de Castaneda, notamment celles sur la tenségrité, prolifèrent après sa mort. Cette phase commerciale (certains tarifs pratiqués sont astronomiques) accrédite à nouveau la thèse de l'imposture. Mais les défenseurs ont des arguments ; les stages ne sont qu'une récupération étrangère, à but essentiellement lucratif, non conformes à l'esprit de l'œuvre car calqués sur un yoga américanisé.

De très nombreuses incohérences temporelles apparaissent lors d'une analyse interne de l'œuvre de Castaneda. Il n'est pas possible que les livres L'Herbe du diable... et Le Voyage à Ixtlan soient vrais en même temps. De fait, l'un de ces récits au moins contient une certaine part d'invention, dépassant les simples contraintes de la forme romanesque.

Les quelques exemples suivants sont tirés du livre de Richard de Mille, Castaneda's Journey[4].

Dans L'Herbe du diable (1965), Castaneda rencontre une sorcière sous la forme de Don Juan lui-même. Dans ce récit, Castaneda se rappelle vaguement qu'en 1961 Don Juan avait promis d'en dire plus sur 'la Catalina', et des moyens pour l'assassiner "un jour." En 1965, selon L'Herbe du diable, rien d'autre ne s'est passé depuis ce jour là. Cependant, en 1962, selon Le Voyage à Ixtlan, Castaneda a vu 'la Catalina' 6 fois, et l'a même attaquée.
Semblablement dans l'un des récits, Castaneda explique avoir vu un lieu bénéfique sur la terre, aux abords de la maison de Don Juan, en 1962. L'autre récit énonce qu'en 1968 seulement, Castaneda remarque pour la première fois que Don Juan disait le mot "vu" avec une inflection particulière (il lui demande alors ce qu'il entend par là).
De tels exemples sont très nombreux. Les détracteurs disent que clairement, Castaneda a au moins inventé Le voyage à Ixtlan, sinon, Don Juan. Ceux qui persistent à croire en l'existence de Don Juan supposent que Castaneda a simplement fait quelques erreurs dans ses notes de terrain.

Une autre hypothèse :

En admettant la réalité de l'existence et des pouvoirs de don Juan Matus, on peut se demander pourquoi il a accepté Castaneda comme élève alors que ce dernier a maintes fois démontré dans ses récits qu'il n'était pas à la hauteur de cet enseignement. Si don Juan Matus s'est servi de Castaneda, c'est qu'il avait une grande qualité, la curiosité, et un grand défaut, l'innocence. Si bien qu'il en faisait un témoin parfait mais incapable de comprendre ce qui se passe autour de lui. Castaneda a toujours reconnu son manque énergétique qui l'empéchait d'être un "nagual". Il n'a rechigné devant rien pour le devenir mais celà était voué à l'échec car cet enseignement ne lui était pas destiné. Il n'en a été que le rapporteur dans l'imminence du départ de don Juan Matus. Son statut de professeur de faculté conjugué à son besoin de reconnaissance personnelle en a fait un vecteur innofensif de l'enseignement yaqui. En commercialisant son oeuvre tout en se cachant, il ourdissait un piège pour le "nagual" à venir, qu'il se savait ne pas être. Il a ainsi tenté de l'attirer à lui afin de lui subtiliser le fameux "quatrième compartiment" manquant à son aura en forme de cocon. Malgré ses pouvoirs certains et ses tentatives nombreuses, il a échoué car il ignorait tout de la mission des "naguals". Or celle-ci s'inscrit dans un cadre plus général de "rédemption" de l'humanité.

L'œuvre comprend une philosophie complexe qui est incrustée dans le récit, et dont une part importante est totalement inédite, selon les arguments des défenseurs de l'authenticité du récit.

A l'inverse, ses détracteurs considèrent qu'elle représente une approche protéiforme du monde, qui pourrait tout aussi bien se laisser cataloguer en tant que religion, en tant que philosophie, en tant que métaphysique ou en tant qu'art de vivre bien qu'elle ne se réclame d'aucune religion ni philosophie existante. Ils lui trouvent aussi des ressemblances avec de grands principes connus, comme par exemple un nihilisme et un élitisme très nietzschéen ou une rédemption très chrétienne. Son œuvre apparait donc comme un habile syncrétisme de sagesse indienne (dont les détails auraient été empruntés aux recherches d'anthropologues antérieurs) matinée de grand concepts occidentaux et orientaux.

Aspects nihilistes
L'univers est sans Dieu, vide, glacial et, paradoxalement indescriptible. Il n'est constitué que de champs d'énergie, originaire d'une unique source, métaphoriquement appelé "Aigle", dont la conscience humaine n'est qu'une infime émanation. La vie humaine n'est qu'un enrichissement de la conscience dévorée par l'aigle après la mort (voir également Saturne en mythologie grecque et les notions de théosophie "La vie est prêtée").

Aspects de rédemption
Dans l'œuvre tardive de Castaneda, l'homme peut échapper à son destin de voir sa conscience dévorée sous certaines conditions, très précises et parfaitement modélisables. Cette unique condition s'appelle "vivre en guerrier" (voir ci-après). Elle correspond à un mode de vie très rigoureux, qui consiste à accumuler une réserve énergétique suffisante pour offrir à l'aigle un placebo, le contourner et ainsi conserver sa conscience sur une durée pouvant être illimitée. Dans ce cas, le guerrier "ne meurt pas".

Aspects gnostiques et d'élitisme
Il existe un déterminisme supérieur, nommé "Connaissance", inaccessible au commun des mortels. Cette connaissance est cachée (ésotérisme). Un sorcier seul peut prétendre y accéder, mais il aura été, auparavant, prédestiné comme tel. Une conscience supérieure, appelée l'Esprit, le désigne comme tel par un ou plusieurs présages. Seul un sorcier expérimenté, appelé Nagual, peut lire ces présages et reconnaître un futur apprenti.

Aspects de 'charité' et de désintéressement
Seul un apprenti désigné par l'Esprit peut être formé à acquérir la Connaissance. Toute autre formation est vaine, le Nagual mettrait en danger n'importe qui d'autre que le prétendant naturel, et se mettrait en danger lui-même, les énergies en jeu étant très élevées. Le Nagual est désinteressé (la rémunération n'a aucun sens), bien que cette prise en charge lui soit profitable au sens de la perfectibilité de sa voie de guerrier. Néanmoins, et toujours paradoxalement, n'importe qui peut s'engager, seul, dans la voie de guerrier, s'il est conscient de l'inconfort extrême de cette voie.

Aspects védiques
Bien que vide, l'Univers est pourvu d'une substance neutre impersonnelle, appelée l'Intention. L'Intention n'a rien à voir avec la volonté, mais un sorcier peut la polariser avec son intention propre. Il appelle l'Intention par les yeux. Le rapport entre l'Intention et l'intention est analogue à celui de l'âme cosmique et de l'âme individuelle décrite dans le processus ahamkara décrit dans le veda. Cette substance est aussi appelée Nagual (homonyme du précédent), et va renvoyer, comme un miroir, l'image solidifiée appelée tonal. C'est ainsi que les sorciers accomplissent ici-bas des actes prodigieux, des actes magiques.

Aspects phénoménologiques
La base de la sorcellerie est le mouvement du point d'assemblage. La constitution énergétique de l'univers peut se décomposer en un nombre quasi-infini de filaments, ayant chacun conscience d'eux-mêmes. Le point d'assemblage permet de se connecter sur certains d'entre eux, créant ainsi notre perception du monde. La position du point d'assemblage d'un homme commun est sensiblement la même pour toute l'humanité. Un sorcier peut bouger ce point pour accéder à d'autres filaments habituellement inaccessibles. Sa perception du monde change, tout en restant parfaitement réelle (pratique nommée stopper-le-monde). Cet art s'appelle "l'art de traquer" ou l'art de la folie contrôlée. À l'extrême, il peut même ne plus assembler les filaments de ce monde pour assembler ceux d'un autre.

Aspects dualistes, non-dualistes et d'unité
L'œuvre de Castaneda se distingue par une polarité Nagual-Tonal (voir définition ci-dessus). Un homme normal ne connaît que le Tonal, étant éduqué à cette perception, qui se stabilise à l'âge adulte pour devenir sa vision courante de l'Univers. Un Sorcier connaît l'existence du Nagual, structure totalement indescriptible et complémentaire (parviendrait-on à la décrire, elle deviendrait Tonal, voir aussi le Taoïsme). Même indescriptible, le Nagual est un domaine expérimentalement tangible. Un sorcier ne privilégiera pas l'un au détriment de l'autre, mais s'efforcera d'unifier les deux, pour atteindre la totalité de soi-même. À noter que le dualisme conventionnel Bien-Mal, tout comme la moralité, n'a aucun sens chez Castaneda. Sur cet aspect l'œuvre s'apparente bien aux récits épiques orientaux, comme le Mahabharata, pour lesquelles la notion de bien et de mal est inconnue.

Aspects démonologiques et de possession

L'enchevêtrement des structures énergétiques de l'Univers occasionne des transferts très pénétrants. La conscience de l'homme se trouve violée en permanence par des incursions étrangères d'énergie, ressenties comme changements humoraux plus ou moins puissants, appelées êtres inorganiques, la plus virulente étant "l'ombre", entité obscure capable de substituer sa conscience à la nôtre, pour exacerber le pire ennemi du sorcier, sa propre auto-contemplation, et se nourrir de ses effets funestes. Certains sorciers parviennent à contrôler ces énergies étrangères, et en font leur allié. Même si l'alliance avec les êtres inorganiques est déconseillée, la composition avec eux est incontournable, car ce sont eux qui apportent l'énergie dont nous avons besoin. Ils agissent sur un homme normal alors qu'il croira agir de sa propre volonté. Le sorcier, conscient de la présence furtive de l'énergie étrangère, la capte, mais conserve sa propre volonté. Ce procédé, consécration d'un "homme de connaissance", est appelé "l'ultime art de traquer".

Aspects d'immanence et de déterminisme
Bien que l'objectif du sorcier soit la liberté absolue, il n'en demeure pas moins que le travail visant à l'acquérir s'effectuera dans un ensemble de règles très précises, formant un tout homogène et cohérent appelé Voie du guerrier (voir ci-après). En outre, cette voie présuppose la détermination d'un objectif, prenant impérativement en compte la Nature du guerrier, c'est-à-dire l'ensemble de ses prédispositions. Castaneda nomme ce déterminisme "La voie du cœur". Ses détracteurs y voient une forte similitude avec toute la littérature orientale antique, notamment le mahabharata, où le Dharma, la Nature d'un individu, constitue le principe fondateur.

Aspects divinatoires
Ayant acquis la capacité à bouger son point d'assemblage, un sorcier peut avoir le pouvoir de percevoir son environnement sous sa forme énergétique. Cette perception ne se fait pas avec les yeux, mais avec le corps, qui doit être, comme condition nécessaire, sans être suffisante, en excellente santé. Cet acte s'appelle voir. Par ce procédé, Don Juan arrive tout au long de la formation, à connaître l'état émotionnel de Castaneda, mais aussi les traces de son passé. Voir est utilisé par les sorciers, par simple focalisation, pour connaître des personnes ou groupes de personnes déterminés, des étapes d'histoire, reconnaître des lieux bénéfiques ou maléfiques, ressentir le danger ou l'aspect favorable d'une situation. À la fin de son apprentissage, Castaneda va voir les sorciers anciens, race totalement disparue, et va finir par les rejoindre malgré les avertissements répétés de Don Juan.

La détermination de l'objectif
Il existe une phase très ingrate de l'apprentissage où l'élève n'est plus un homme commun, mais pas encore un sorcier. Il a dépassé les valeurs conventionnelles du monde, qui n'ont plus de sens pour lui, mais n'a pas encore atteint les prémisses de la connaissance. Cette phase est pour lui particulièrement dangeureuse et déroutante.

« Un guerrier sélectionne les éléments qui constituent son monde, car chacun des éléments constitue un bouclier (...) Les gens sont affairés à faire ce que les gens font, voilà leurs boucliers (...) Maintenant, pour la première fois, tu n'es plus à l'abri dans ton ancien mode de vie » (Carlos Castaneda, A Separate Reality).

Le processus des sorciers est donc de reboucher la trouée (dans laquelle s'engageait la mort dès son ouverture), par une réorganisation basée sur la-voie-qui-a-du-cœur, afin d'éviter cette ouverture au néant : « Un simple coup d’œil sur l’éternité qui se trouve à l’extérieur du cocon suffit à perturber le confort que nous procure notre inventaire. La mélancolie qui en résulte peut engendrer la mort ». L'objectif premier, en tant que réorganisation du bouclier, n'est que la protection indispensable lorsque le sorcier considère le tonal, et désire le transcender.

Il existe cependant, au-delà de cette réorganisation, un objectif ultime et irrationnel, inconcevable par représentation, mais dont l'acquisition est pourtant indispensable pour l'accession à la connaissance. Cet objectif, appelé noyau abstrait, est partie d'un patrimoine mythique.Expérimenter ce patrimoine est la seule façon de parvenir au but ultime des sorciers, le maniement de "l'intention", domaine pour lequel la transmission orale était totalement inadaptée. On dit alors que le guerrier possède un objectif abstrait.

Les déterminants de la voie du guerrier
Le "système Castaneda" consiste en une gestion draconnienne de sa propre énergie. "L'ombre" nous prête, à notre insu, sa conscience pour nous faire faire des actes destinés à exacerber notre auto-contemplation, qui va générer nos sursauts énergétiques dont se nourrira l'entité. La vie d'un individu normal consiste à se vider de son énergie toute sa vie dans des combats fallacieux (qui pourront être faussement interprétés comme "actes guerriers") par le biais de son auto-contemplation qui sera le canal de cette fuite énergétique.
Ses détracteurs notent à ce sujet la similitude flagrante avec le logion 101 de l'évangile de Saint Thomas : « Le Royaume du Père est pareil à une femme qui porte un vase plein de farine et qui s'en va par un long chemin. L'anse du vase s'est brisée: la farine s'est répandue derrière elle sur le chemin sans qu'elle le sache et sans qu'elle sache y remédier. Lorsqu'elle est arrivée à sa maison, elle a posé le vase et elle a trouvé qu'il était vide. »

L'acte guerrier consiste en premier lieu à endiguer cette fuite énergétique, en considérant l'auto-contemplation comme le pire ennemi. Selon ses détracteurs, d'autres religions font déjà le même type de recommandations : les pères de l'église ont répertorié sept péchés capitaux, les religions orientales stipulent que si un acte doit être parfait, il ne faut pas s'attacher aux fruits de l'acte.

Le monde ambiant étant source de dispersion, le guerrier doit aborder ce monde en suivant des déterminants très précis.

Le processus de validation du consensus particulier
Le processus mis en place par Don Juan consiste à isoler des perceptions de la vie ordinaire pour établir des corrélations avec les états de conscience modifiés. La perception de la réalité ordinaire migre vers une perception spécifique et personnelle. Cette vision est nommée pour la circonstance "stopper-le-monde". Ce mouvement vers le consensus particulier qui, à terme, permet l'abandon de la perception habituelle pour accéder aux fibres lumineuses habituellement hors du champ couvert par le point d'assemblage.

Les rapports à la drogue
Le premier livre de Castaneda (L'Herbe du diable et la petite fumée) fait état d'une voie de connaissance nécessitant la consommation d'un certain nombre de drogues. L'idée est d'acquérir la maîtrise d'un stade donné de la voie en créant des rapports privilégiés avec l'allié le mieux à même d'enseigner sur ledit stade. L'allié, contenu dans la drogue (par exemple datura inoxia ou psilocybe mexicana), devient momentanément professeur particulier.

Les défenseurs de la consommation, modérée ou non, de substances psychédéliques, y ont vu une caution de leur pratique.
L'enseignement se base sur le mouvement du point d'assemblage, il fait aussi état de la prédisposition personnelle à cette fin. Certains sorciers, et notamment la plupart des sorcières, possèdent les capacités naturelles d'effectuer ce mouvement.

Castaneda a toujours été vu par son maître, Don Juan, comme étant bouché. La prise de drogues fut l'ultime recours pour faire bouger son point d'assemblage. Les substances psychédéliques ne lui furent administrées qu'en début de formation, et à titre exceptionnel, de façon à lui faire percevoir des potentialités qu'il ne pouvait imaginer, et encore moins accepter. Don Juan explique qu'elles sont dangereuses pour le corps, et qu'une excellente santé du corps est indispensable, notamment pour "voir".

Après cette phase psychotrope, l'accès à la conscience du côté gauche (nom donné à l'état de conscience accrue, atteint précédemment par la drogue) se fait par un coup dans le dos, donné par Don Juan (ledit coup ne l'a jamais touché physiquement, il s'agit en fait d'une secousse au corps énergétique). À un stade plus avancé de la formation, Castaneda finit par basculer du côté gauche sans aucune intervention extérieure.

Petit glossaire:

Guerrier : Individu qui s'engage à respecter un déterminisme très précis dans le but de devenir Sorcier. L'essentiel de ce combat se fait contre soi-même.

Intention : Clé de voûte et objectif ultime du sorcier. La capacité d'un sorcier à manipuler "l'intention" lui ouvre toutes les portes de l'univers. Ce terme est quasiment indéfinissable, il pourrait peut-être se comparer à la "foi", ou, en alchimie, au soufre, semence active de création. « Pour que la magie puisse s'emparer de nous, il faut chasser le doute de notre esprit » (La Force du silence par Carlos Castanedena)

Nagual (1) : Sorcier arrivé à un état avancé de la Connaissance. Seul un Nagual peut diriger des guerriers ou des guerrières. Son autorité s'impose non par une règlementation particulière mais par des capacités pragmatiques qui s'imposent de fait.

Nagual (2) : Substance neutre de l'Univers qui s'oppose au Tonal, indescriptible par définition, puisque sa description la relègue immédiatement dans le rang du Tonal. Probablement comparable au Tao

Ombre : entité inorganique très puissante qui s'introduit dans la conscience pour y substituer la sienne, en nous faisant faire des actes que nous croyons nôtres. Son objectif est de se nourrir de notre énergie. L'ombre apparaît très tardivement dans l'œuvre de Castaneda. (Voir Le Voyage définitif par Carlos Castanedena)

Point d'assemblage : Selon Castaneda, la structure énergétique de l'homme (qu'un sorcier peut voir) est composée d'un œuf lumineux dont la forme et les couleurs déterminent l'état énergétique de l'individu. À un endroit précis de cet œuf existe un point qui capte certaines fibres de l'univers ; c'est le point d'assemblage. Il détermine la façon dont l'individu perçoit l'univers. Lorsque le point d'assemblage bouge, la perception de l'univers de l'individu change. Il n'existe aucune notion de moralité dans cette notion : si la position du point d'assemblage est à peu près la même pour l'humanité entière, position qualifiable de normale ou normative, elle peut être très différente pour un sorcier, sans qu'une différence prévale sur une autre.-L'art de traquer et l'art de rêver sont les deux modes de déplacement du point d'assemblage. La pratique de l'un ou l'autre dépend du tempérement spécifique d'un individu. Les mâles ont des capacités moyennes dans les deux arts, et les femelles seules excellent à l'un ou l'autre. Un traqueur est un sorcier qui a avant tout la faculté de fixer le point d'assemblage à un endroit déterminé, et qui le déplace délibérément par la modification systématique de son comportement. Un rêveur est un sorcier qui a la faculté de déplacer spontanement et radicalement son point d'assemblage par sa pratique de rêver, et qui le fixe en portant une attention soutenue mais détachée au nouvel environnement qu'il a assemblé.

Rêveur, rêveuse : voir Point d'assemblage.

Sorcier, Sorcière, sorcellerie : Castaneda explique qu'il a délibéremment employé ce terme à la place de "Chaman, Chamane" pour éviter la connotation anthropologique et favoriser l'idée de la réalité non-ordinaire. Le sorcier est défini par sa capacité à "bouger le point d'assemblage". Il est à un stade avancé de l'acquisition de la "Connaissance". D'autres termes conviendraient, d'après Castaneda, tout aussi bien : "Magie", "Quête de la liberté totale", "Maîtrise de l'intention", "Nagualisme".

Tonal : Partie descriptible de l'Univers, opposée au Nagual. Selon Castaneda, même Dieu, pure représentation humaine, est un élément du Tonal.

Traqueur, traqueuse : voir Point d'assemblage.

Voir : Capacité à percevoir l'environnement, voire même l'univers, sous sa forme énergétique. L'acte de voir se fait par le corps.



La propre vie de Castaneda est mal connue, celui-ci l'ayant entourée d'une aura de mystère. Il prétend être né à Sao Paulo, au Brésil en 1931, avoir passé la plus grande partie du début de sa vie en Argentine, avant de se rendre aux États-Unis pour suivre des études d'anthropologie. En fait, les documents du bureau de l'immigration disent qu'il est né à Cajamarca, au Pérou. Selon Castaneda, sa mère serait décédée lorsqu'il avait 22 ans et son père, César Arana Burungaray, aurait été joaillier, ou homme politique. Des journalistes du magazine américain TIME ont pourtant retrouvé les parents de Castaneda au Pérou. Ceux-ci connaissaient parfaitement sa date de naissance, ainsi que l'histoire de leur famille, contrairement aux affirmations de Carlos Castaneda. Sa mère décrit son fils comme un "gros menteur" dans son enfance. Carlos Casteneda suit des cours à l'académie des Beaux-Arts de Lima, puis se lance dans les arts plastiques. Il affirme avoir quitté son pays pour la Californie afin de fuir une Chinoise qui fumait de l'opium. Il prétendit aussi avoir été membre des "Special Forces" américaines, ce qu'aucun document n'a jamais corroboré. D'après le TIME, Castaneda aurait eu une fille naturelle avant son départ du Pérou.


Source: Wikipédia.
 

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