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Lestat le vampire

 
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paulo
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 15:40 (2010)    Sujet du message: Lestat le vampire Répondre en citant


Anne Rice


Il devait être trois heures du matin. J'avais entendu sonner l'horloge de l'église dans mon sommeil.
Comme tous les Parisiens raisonnables, nous avions calfeutré notre porte et nos fenêtres. Ce n'était pas très sain avec un feu dans l'âtre, mais le toit offrait un chemin jusqu'à notre chambre.
Je rêvais des loups. Ils m'entouraient dans la montagne et je faisais tournoyer mon fléau médiéval. Et puis les loups étaient morts et j'avais un long chemin à faire dans la neige. Ma jument poussait des hennissements aigus et se transformait en un immonde insecte à demi écrasé contre la neige.
Une voix dit: " Tueur de loups "; c'était un long chuchotis, qui tenait à la fois de la sommation et de 'hommage.
J'ouvris les yeux. Ou crus le faire. Quelqu'un se tenait dans la pièce. Une haute silhouette voûtée se découpait contre l'âtre, où rougeoyaient encore quelques braises. La faible lueur s'estompait avant d'atteindre les contours de la tête, mais je savais pourtant que j'avais devant moi le propriétaire du visage aperçu au théâtre, alors même que mon esprit, plus éveillé présent, mieux aiguisé, me disait que la chambre était fermée à clef, que Nicolas dormait à mes côtés et que cette silhouette était penchée sur notre lit.
Je levai les yeux vers le visage blême:" Tueur de loups ", répéta la voix mais les lèvres n'avaient pas remué. De près, je voyais bien que ce n'était pas un masque. Je discernais deux yeux noirs, vifs et calculateurs, le teint blafard et une odeur infecte vint frapper mes narines, celle de vêtements moisis oubliés dans une pièce humide.
Je dus me lever ou être soulevé, car en un clin d'il, je me retrouvais debout, acculé contre le mur, tandis que le sommeil me quittait comme un vêtement qu'on enlève.
La silhouette tenait à la main ma cape rouge. Je songeai désespérément à mon épée, à mes mousquets, hors d'atteinte sous le lit. La chose s'avança vers moi et à travers le velours de ma cape je sentis sa main m'agripper.
Je fus happé vers l'avant et traîné à travers la pièce. Mes jambes ne touchaient plus terre. Je hurlais: " Nicolas, Nicolas! " de toutes mes forces. Je vis la fenêtre entrouverte et puis brusquement les vitres et la charpente en bois semblèrent exploser et je me retrouvais en train de voler par-dessus les toits.
Je criai, donnai des coups de pied à la créature qui m'emportait ainsi. Empêtré dans les plis de la cape rouge, je me débattis sans pouvoir me dégager..
Nous escaladions à présent le flanc lisse d'une haute muraille. Je pendais inerte entre les bras de mon ravisseur qui me déposa soudain sans douceur au faîte d'un bâtiment élevé.
Paris s'étendait sous mes yeux en un gigantesque cercle: la neige immaculée sur laquelle se détachaient les cheminées et les clochers d'église, le ciel menaçant. Je me relevais tant bien que mal en trébuchant et partis en courant. J'atteignis le bord de l'espèce de terrasse où je me trouvais et regardai au-dessous de moi. Une paroi à pic de plusieurs centaines de pieds! Je gagnai un autre rebord. La même chose. Je manquai tomber.
Je me retournai, affolé, haletant. Nous étions au sommet d'une tour carrée large de plus de cinquante pieds! Et, où que je regardasse, je n'apercevais aucun bâtiment plus haut. La créature me contemplait sans bouger et je l'entendis pousser un petit rire grinçant.
Tueur de loups, répéta-t-elle.

- Allez au diable! hurlai-je. Qui êtes-vous? "

Fou de rage, je me ruai sur elle, les poings levés:
La créature ne fit pas un geste. J'eus l'impression de me heurter à un mur de pierres. Je rebondis littéralement en arrière, glissai dans la neige, perdis pied, mais me relevai aussitôt pour repartir à l'attaque.
Le rire de mon adversaire s'enflait, délibérément moqueur, mais j'y discernais aussi une évidente note de plaisir qui ne faisait qu'exciter ma rage. Je courus à nouveau jusqu'au bord de l'abîme et fis face à mon tortionnaire.

" Que me voulez-vous? Qui êtes-vous? "

N'obtenant pour toute réponse que ce rire exaspérant, je l'attaquai derechef, visant cette fois le visage et le cou en recourbant mes mains comme des serres ; j'arrachai la maudite capuche et vis la chevelure noire de la créature et la pleine rondeur de sa tête parfaitement humaine d'aspect. Sa peau semblait douce.
Elle fit un pas en arrière en levant les bras pour s'amuser de moi, pour me pousser en tous sens comme un homme le fait avec un petit enfant. Mon regard ne parvenait pas à suivre ses mouvements trop rapides qui ne trahissaient pourtant aucun effort. Malgré toute ma volonté de lui faire mal, je ne sentais que sa peau douce qui glissait sous mes doigts et une ou deux fois, peut-être, ses fins cheveux noirs.
" Quel courageux petit tueur de loups! ." reprit la voix, à présent plus charnue et plus grave.
Je m'immobilisai, haletant et couvert de sueur, pour étudier plus attentivement son visage. Les deux rides profondes de chaque côté de la bouche se relevèrent en un sourire moqueur.

" Ah, que Dieu me protège... ", balbutiai-je en reculant.

Il semblait impossible qu'un tel visage. me contemplât avec autant d'affection.

" Mon Dieu!
- Quel dieu invoques-tu donc, Tueur de loups? "

Je lui tournai le dos en poussant un rugissement. Je sentis ses mains se refermer sur mes épaules comme deux étaux; bien que je me débattisse comme un forcené, la créature me retourna sans peine. Ses grands yeux noirs plongèrent dans les miens, sa bouche fermée continuait à sourire. Soudain, elle se pencha et je sentis la morsure de ses dents dans mon cou.
Son nom remonta du fond de tous les contes que j'avais entendus enfant, comme un noyé revient à la surface des eaux noires pour apparaître en pleine lumière.
" Vampire! " Je lançai un dernier cri affolé en repoussant la créature de toutes mes forces.
Puis ce fut le silence. L'immobilité.
Je savais que nous étions toujours au sommet de la tour, que cet être malfaisant me tenait dans ses bras, mais j'avais l'impression que nous ne pesions plus rien et que nous nous déplacions sans effort à travers les ténèbres.
Une immense rumeur résonnait tout autour de moi, comme celle d'une cloche à la voix profonde, parfaitement rythmée, dont l'écho faisait couler un plaisir infini à travers mes membres.
Mes lèvres remuèrent, mais sans produire le moindre son. Aucune importance. Tout ce que j'aurais voulu dire était clair dans mon esprit, c'était le principal. Et puis, j'avais tout le temps, toute une délicieuse infinité, pour dire ou faire tout ce qu'il me plairait. Rien ne pressait.
Ravissement. Le mot me parut limpide, même sans pouvoir bouger mes lèvres. Je me rendis compte que je ne respirais plus. Pourtant, quelque chose me permettait de respirer quand même et les respirations suivaient le rythme de la cloche, qui n'avait rien à voir avec celui de mon corps. Il m'enchantait, ce rythme qui se prolongeait interminablement et m'épargnait le besoin de respirer, de parler et même de savoir quoi que ce fût.
Ma mère me sourit et je lui dis: " Je vous aime... - Oui, répondit-elle, tu m'as toujours aimé, toujours aimé... " Et j'étais dans la bibliothèque du monastère, j'avais douze ans ; j'ouvrais tous les livres. et je pouvais tout lire, le latin, le grec, le français. Les enluminures étaient d'une beauté indescriptible. Je me retournai et me trouvai face au public dans le théâtre de Renaud. Les gens, debout, m'acclamaient et la femme qui cachait son visage derrière son éventail n'était autre que la reine Marie-Antoinette. " Tueur de loups ", dit-elle. Nicolas courait vers moi en pleurant et me suppliait de revenir. Son visage était tordu par la douleur, sous sa chevelure en désordre, et ses yeux injectés de sang. Il tentait de se saisir de moi et je criais: " Nicolas, ne m'approche pas! " Brusquement je me rendis compte que le tintement de la cloche s'estompait et je me sentis gagné par une véritable panique.
Je hurlai: " Ne l'arrêtez pas, je vous en prie. Je ne veux pas... non... je vous en prie. "
" Lélio, le Tueur de loups ", dit la créature. Elle me tenait toujours dans ses bras et je pleurais de sentir que l'enchantement touchait à sa fin.
" Non, non! "
J'étais lourd de partout, j'avais regagné mon corps avec ses douleurs et ses cris étranglés. Je me sentis soulevé jusqu'à ce que je retombasse par-dessus l'épaule de la créature, tandis que son bras m'encerclait les genoux.
J'aurais voulu invoquer Dieu, de toutes les fibres de mon corps, mais pas un mot ne put franchir mes lèvres. Je vis à nouveau le vide au-dessous de moi et Paris qui s'inclinait de façon terrifiante. Et puis il n'y eut plus que la neige et la morsure du vent glacé.
 

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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 15:40 (2010)    Sujet du message: Publicité

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