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Les hominidés dans le passé

 
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paulo
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MessagePosté le: Ven 19 Fév - 17:45 (2010)    Sujet du message: Les hominidés dans le passé Répondre en citant


Nous connaissons tous, je crois, l’épisode dit du «Bal des Ardents», raconté par le grand chroniqueur médiéval Jean Froissart, dont les dates de la naissance comme celle de la mort sont incertaines, ce qui n’était pas rare à cette époque: on sait qu’il naquit à Valenciennes entre 1333 et 1337, et mourut à Chimay après 1400: dans l’année 1393, à l’hôtel Saint-Pol, à Paris, on donna un grand bal costumé en l’honneur du mariage d’une dame d’honneur de la reine Isabeau de Bavière, femme du roi Charles VI dit «le fou» (il régna de 1380 à 1442). Le roi, avec cinq autres de ses amis, se travestit en «homme sauvage»: vêtus d’espèces de combinaisons de toile enduite de poix sur lesquelles ils avaient collé de l’étoupe, ils se précipitèrent dans la salle du bal, harcelant tous les invités de leurs cris et grimaces. Malheureusement, un des invités, curieux de reconnaître les masques, s’approcha de trop avec une torche allumée qui enflamma l’étoupe. Les hommes masqués prirent feu et périrent brûlés vifs, les uns sur place, les autres chez eux, dans d’atroces souffrances. Seul, le roi en réchappa grâce à la duchesse de Berry qui eut l’idée de l’envelopper dans les plis de son ample jupe.
Une tradition prétend que ce danger traumatisa tant le roi que sa folie commença à partir de là (en fait, on sait que c’est faux... La folie du roi Charles VI fut une longue maladie, avec des rémissions), mais nous ne nous attarderons pas sur cela, car ce n’est pas notre sujet: ce que nous devons retenir, c’est que cette affaire du «Bal des Ardents» peut être considérée comme l’une des preuves historiques les plus évidentes de la survie, du moins à cette époque, d’une race d’hommes primitifs que bon nombre de personnes croient disparue depuis la préhistoire.
Il est sûr que nous autres, les humains, nous sommes pointilleux sur nos origines, nous voulons être «à l’image de Dieu», les meilleurs, les plus beaux de la nature. Rappelez-vous le scandale quand, au dix-neuvième siècle, Darwin parla d’évolution. Comment? Nous n’étions pas ici depuis le commencement du monde? Et même, voila que les singes pouvaient êtres vus comme
faisant partie de nos ancêtres? Quelle honte! Le pauvre Darwin fut excommunié pour hérésie. Puis, les paléontologues trouvèrent des preuves: des hommes primitifs, velus, qui ne savaient pas encore parler avaient bien existé… les humains se consolèrent en pensant que de telles races misérables avaient disparu depuis longtemps pour laisser la place à la perfection: nous-mêmes. Et nous, nous avons du mal à penser que de tels hommes primitifs aient pu continuer à vivre, ou plutôt à survivre, durant des millénaires, dans le même monde que nous .. Or, l’histoire du bal du roi Charles VI montre que nous avons tort: si quelques uns parmi les membres de la «haute société», donc des personnes éduquées et pas trop ignorantes de l’époque, avaient eu l’idée de se travestir en «hommes sauvages» pour une fête où personne ne s’étonnait de les voir, cela voulait dire que tous les connaissaient. Nos ancêtres du Moyen Age étaient certainement habitués à ces hommes: ils les voyaient danser, enchaînés, dans les foires, sous le nom de « Les velus ». Lorsque, à force de persécutions et de massacres, ils eurent disparu, on les remplaça par des ours, pauvres bêtes après pauvres «velus».
Une autre preuve historique, et bien officielle celle-la, nous la trouvons au seizième siècle, en 1537 exactement: cette année on publia la bulle papale «Sublimis Deus», qui reconnaissait les hommes sauvages comme vrais humains, qui pouvaient donc être jugés bons ou mauvais… Tout cela pour pouvoir leur faire des procès et les brûler vivants en bonne conscience ( un animal ne pouvait pas avoir de procès, car il n’avait pas d’âme).
Et pourquoi brûler vifs ces hommes? Ils finissaient sur les bûchers avec l’accusation de «loup-garou». Certains disent que nos ancêtres prenaient pour des « loups-garous » de malheureux malades d’hypertrichose, maladie qui se manifeste par un surdéveloppement du système pileux sur le corps et la face, mais cette explication n’est guère crédible. En effet, la maladie a toujours été connue et les humains du Moyen Age riaient dans les foires de la «femme à barbe» comme le faisait encore le public d’il y a quelques années, quand la loi permettait l’exhibition publique de «phénomènes». En outre, on voit bien que la seule différence avec les humains disons «normaux» est le poil. Tout le reste: face, corps, intelligence et, surtout, la voix, tout est humain, or, tous les procès le disent: les «garous» étaient muets. C’était plus facile pour les tribunaux: ils pouvaient les mettre à la «question», même «extraordinaire» sans avoir de d’autres protestations que des hurlements de douleur: ils ne pouvaient pas se défendre, pas de mauvaise surprise, jusque sur la bûcher.
Mais à quoi donc ressemblaient ces hommes sauvages? Pour le savoir, il suffirait de voir les plus que nombreuses représentations
iconographiques qu’ils ont inspiré. On en trouve sur les miniatures des parchemins, sur les tapisseries et, surtout, dans la sculpture. Des hommes sauvages, on en voit dans les églises, les cathédrales, sur les piliers, les chaires, les stalles de bois sculptées dans les chœurs, sur les façades. Il y en a un sur celle de Notre-dame de Paris, un autre sur celle de le maison des métiers, à Thiers et pour ne pas aller plus loin, il y en a à Ollioules, sur la façade de le mairie annexe, au numéro douze de la rue Marceau. Le temps les a un peu effacés ( ils sont deux), mais ils restent reconnaissables, avec leurs corps couverts de poils un peu frisés.
Il est difficile de croire que tant d’images soient des mensonges,ou seulement des légendes, sans compter les nombreux témoignages de personnes très différentes, dans les lieux comme dans les temps. Œuvres d’art et témoignages donnent les mêmes images. Tout d’abord, ce qui se voyait le plus et qui expliquait leur nom de «velus»: la toison, une toison très épaisse et brune, certains disent plutôt noire, en tout cas toujours foncée, les poils plus longs sur la tête, comme une chevelure, mais non présents sur la face. Cette toison leur permettait de supporter les intempéries et de vivre nus même en hiver. Cette nudité était, à elle– seule, une cause de scandale, d’autant plus que les mâles avaient toujours le sexe en semi érection, donc toujours visible, ce qui valait à leurs propriétaires les foudres de l’Eglise: ils passaient pour l’exemple–même de la lubricité bestiale. Certaines sculptures, comme vous pouvez le voir sur la photographie de l’homme de la maison des métiers, ont eu «l’oiseau» coupé, certainement pour supprimer le scandale:
On l’a sans doute– c’est même presque sûr– fait à l’époque du concile de Trente qui voulait ramener la «bonne moralité» dans l’âme des fidèles chrétiens. Pour cela, entre autres, on cacha pudiquement la nudité des statues grecques sous des feuilles de vigne en plâtre. La fameuse fresque de Michel-Ange: «Le Jugement Dernier» vit «corrigées» de linges drapés les images de Jésus et de ses saints, qui avaient l’indécence de montrer leur derrière et leur bijou de famille. Le peintre chargé de cette mission, et qui n’en eut pas honte, y gagna le surnom de «Il Braghettone», ce que nous pourrions traduire par «le culottier». C’est, je crois, sa seule renommée.
Toujours selon les témoignages, les sauvages n’étaient pas vraiment grands, mais plutôt trapus, avec une force physique exceptionnelle. Ils marchaient sur deux pieds, mais pas tout à fait comme nous: ils se dandinaient en marchant, ils pouvaient escalader sans difficulté mes pentes même les plus escarpées. Leur visage étaient larges, plats, presque sans menton, le nez à larges narines retroussé, les oreilles très grandes, la bouche large, presque sans lèvres, les dents larges et écartées. C’est ainsi que les représentent les sculptures dont vous avez ici un exemple typique.
Les témoignages s’accordent tous aussi pour dire qu’ils puaient (ne prenant jamais aucun soin de toilette), et qu’ils ne parlaient pas, mais pouvaient «vocaliser» sans paroles, en produisant des sons harmonieux et accordés. Ils ne bâtissaient pas de maisons, pas même une cabane, ils n’en avaient pas besoin: ils vivaient dans les grottes et les abris naturels. Ils pouvaient apprendre et accomplir des travaux de force simples, et ils furent parfois employés dans les campagnes ou en montagne pour garder les troupeaux, traîner le bois… en semi-esclavage, contre de la nourriture. Je pense que ceux ainsi employés devaient être moins malheureux que leurs compagnons montrés dans les foires et dansant pour amuser les foules.
Comment se nourrissaient-ils ? Les témoignages en parlent comme plutôt végétariens, mangeant tout ce que la nature pouvait donner: graines, fruits, racines, herbes comme les salades sauvages, mais aussi insectes, escargots, etc… Ils ne savaient pas vraiment chasser ni poser des pièges pour prendre du gibier. Cependant, s’ils
leur arrivait de trouver une charogne, ils la mangeaient volontiers. Ils pouvaient ainsi prendre goût à la viande et, des fois, voler un agneau ou une brebis pour les manger, provoquant la colère des bergers et des paysans qui, ensuite, les persécutaient. On dit que les «velus» n’étaient guère agressifs envers les humains et , en général, n’attaquaient pas. Comme armes ils n’avaient guère que des bâtons ou des massues, ils savaient jeter des pierres, mais uniquement avec leurs mains, car ils n’avaient pas de fronde. Tout cela en faisait une race très vulnérable aux humains, surtout pourvus d’armes de jet comme l’arc, sans parler, plus tard, des armes à feu.
Et les humains ne se gênèrent pas pour les persécuter: les bergers et les paysans qui, comme nous l’avons dit, leur reprochaient les animaux volés, et qui en avaient peur (comme aujourd’hui pour le loup!), et surtout l’Eglise et ses représentants. Le pape les avait bien mis dans la catégorie des hommes dotés d’une âme… mais uniquement pour pouvoir leur faire des procès, puisqu’une bête n’étant pas considérée comme responsable de ses actions ne saurait être condamnable, pas pour en fairehommes «à part entière» comme nous disons maintenant. L’homme, nous le savons, était considéré comme fait «à l’image de Dieu», or, un «velu» couvert de poils comme un animal, lait, puant (et ils devaient puer fort, les «velus» pour être remarqués par nos ancêtres qui, on le sait, n’étaient guère raffinés en matière d’hygiène), qui ne pouvait pas parler, pouvait-il être à cette image ? Ce n’était certainement pas possible! Mais alors, s’ils n’étaient pas créatures de Dieu, ils devaient, par force, venir du diable! Et sans penser que donner au diable la même force créatrice que celle de Dieu était un blasphème, (blasphème qui n’est pas, hélas, typique des chrétiens, et qui dure encore), l’Eglise présenta systématiquement les «velus» comme une espèce diabolique, symbolisant tous les péchés du monde et, comme ils allaient nus , faisant l’amour à leur envie, sans demander de permission à personne, spécialement le plus grand, le péché auprès duquel le meurtre même devient secondaire, je veux dire la lubricité, la luxure…
Les sauvages furent donc chassés, systématiquement massacrés. Un grand nombre finit, comme je l’ai déjà dit, sur les bûchers comme «garous». Nous avons encore les minutes d’à peu près trois mille procès de «garous». Ce nombre est l’une des preuves majeures qu’il ne s’agissait pas de loups, ni de malades: où les aurait-on pris, tous ces loups, et tous ces malades ? L’hypertrichose est une maladie rare et, puis, comme je l’ai aussi déjà dit, bien connue… Le moment de la plus grande persécution se situe entre le quatorzième et quinzième siècle, en même temps que la plus grande partie des représentations iconographiques.
Certaines traditions conservent la trace nette de massacres d’hommes sauvages. Pour le moment, je me contenterai de citer la vallée suisse de Löchenthal. Tous les ans, au mois de février, on fait la «fête du sauvage»: les jeunes hommes se travestissent en «velus», le visage masqué, larges narines, large bouche à dents écartées, longs poils sur le corps. Ils vont dans les rues en poussant des hurlements, bousculant, -symboliquement, du moins ils le disent!- toutes les femmes qu’ils rencontrent. Ce carnaval rappellerait le massacre de tout un peuple de sauvages chassés de la vallée par les autres, les «images de Dieu». Et puis, les sauvages ont laissé d’autres traces que des images sculptées: on peut les trouver dans les contes, sous la figure des ogres, dans les chansons de geste (personnage d’Orson. Lui, il a de la chance: il finit baptisé et donc sauvé), et ceux qui étudient le phénomène pensent que les sauvages ont pu inspirer des personnages mythologiques comme les faunes, satyres, et les divers «babau» des contes et légendes.
Je ne veux pas tirer en longueur, mais vous devez savoir que de telles traditions, on peut en trouver non seulement en
France, mais dans toute l’Europe, et dans le monde entier, d’une façon générale. J’e n’en donnerai qu’un exemple: en Afrique centrale, dans la région de Ndélé (Centrafrique), les «velus» sont connus comme des nains de brousse: les «Toulou», ou «Kara-komba», ce qui signifie: «l’homme qui porte beaucoup», parce qu’ils sont forts. Les africains les décrivent justement comme dans nos traditions: petits, trapus, velus, sans la parole et ils disent: que «nos ancêtres les employaient pour porter… et quand la nourriture manquait, ils les mangeaient, parce qu’ils ne sont pas de vrais hommes». Ils les voient comme intermédiaires entre l’homme et le singe. Ils disent aussi qu’il y en a encore dans la brousse très lointaine des villages humains, mais qu’en rencontrer est très difficile: n’ayant pas confiance dans les hommes, ils s’en cachent et si on fait une rencontre par hasard, ils «t’enlèvent la volonté, le temps de disparaître».Voici une sculpture exécutée par un homme qui dit en avoir rencontré un et qui, à la demande de son interrogateur, en fit une description précise. Comme il savait sculpter, il accepta de faire «ce qu’il avait vu», vous en voyez le résultat:
Comme vous le voyez, nous avons là les traits caractéristiques des «velus» du Moyen Age: toison longue sur le corps, nez retroussé, pas de lèvres, ni de menton… Les chercheurs qui étudient ce phénomène disent que la preuve la plus certaine de la sincérité du sculpteur est un petit détail, que personne ne lui avait signalé et qu’il n’a pas pu inventer: il a représenté le poil usé aux genoux, signe que ce personnage prend la position à genoux quand il en a besoin, ce qu’un singe ne fait jamais.
Que les sauvages se soient méfié des humains et préfèrent en éviter le voisinage, ce n’est pas difficile à comprendre, avec toutes les persécutions dont ils ont été victimes! Leur prudence à se montrer peut expliquer leur possible survie, qui n’est pas si extraordinaire. La nature, quand l’homme ne l’avait pas domestiquée, n’attirait pas nos ancêtres, au contraire, forêts et montagnes faisaient peur (NB: les poésies traditionnelles de la région africaine d’Adamaoua montrent le même sentiment à l’égard de la nature: «La brousse, la brousse profonde et sauvage, seul le fou y va». Chez nous, on les voyait peuplées d’êtres malfaisants: follets, korrigans, fées, sorciers, géants, etc… Pour aller vivre en forêt, il fallait être un ermite en quête de sainteté ou un bandit forcé de se cacher des autorités. La vie «sauvage» était considérée comme la pire possible, et nous en avons un exemple dans la geste des «Frères Aymon» (cycle de Renaud de Montauban): les frères Aymon, injustement traités par Louis, petit-fils de Charlemagne, n’acceptent pas de se soumettre et se trouvent reniés de tous, y compris de leur père qui refuse de les accueillir. Devenus des «faydits» (félons), ils doivent se cacher dans la forêt et y mener la vie «comme les bêtes», qu’eux-mêmes tiennent pour une vie de déshonneur. La montagne était crainte davantage encore. Ne s’y aventuraient guère que les bergers, et vous savez qu’ils étaient regardés avec une certaine peur. Le premier homme à escalader une montagne fut Jacques Balmat, au XVIIIeme siècle. Il mourut au cours d’une de ses escalades, et on dit qu’il ne l’avait pas volé! En littérature nous avons aussi la même méfiance: la nature chantée par les poètes comme ceux de «La Pléiade», ou, plus tard, un La Fontaine, le «désert» où le Misanthrope de Molière veut aller se retirer est une campagne bien travaillée, où l’on voit partout la main de l’homme, rassurante. Le premier à mettre à la mode la nature sauvage a été Jean-Jacques Rousseau, au XVIIIeme . Le mouvement a continué au siècle suivant avec les romantiques, mais il n’entraînait guère de monde: quelques lettrés, peut-être quelques riches qui voulaient montrer un peu d’originalité, pas tant que cela donc. En général, la nature restait en paix. En y demeurant, les «velus» avaient la possibilité, du moins pour quelques années, d’échapper aux persécutions et de survivre, certains jusqu'à la fin du Moyen Age, d’autres peut-être jusqu’au dix-neuvième siècle, car il existe des témoignages renforçant l’idée de leur survie dans les régions de montagne. L’un d’entre eux parle d’un massacre de sauvages, à cette époque, dans la région de Voreppe.
Mais pour ne pas trop «faire tirer» et lasser votre patience, j’achèverai avec des témoignages qu’on peut trouver pas si loin ( trois heures de voiture), juste chez moi, dans ma vallée d’origine, le Valgaudemar, à quarante-cinq kilomètres de Gap, dans la direction de Grenoble.
Si vous allez au village de Saint-Maurice et vous vous donnez la peine d’entrer dans le cimetière, à côté de l’église, vous verrez sur le clocher, au dessus des fenêtres de la sacristie, deux sculptures bien visibles: elles ressortent bien sur la muraille et y font contraste,car faites en pierre presque noire sur un mur gris et, bien que le temps les ait pas mal abîmées, vous y pourrez reconnaître deux têtes de loup. En voici l’explication traditionnelle: au dessus de Saint-Maurice vivaient deux sauvages, - dans ma vallée, on les appelle «bretouns», «bretoune» pour la femelle-, qui volaient des animaux et faisaient peur aux habitants. On décida donc de les chasser et de les tuer. Les chasseurs ( tous les habitants d’un village n’étaient pas chasseurs, il ne faut pas l’oublier), avant de partir, allèrent prier et firent le vœu, si la chasse réussissait, de bâtir une église sur le lieu même de la tuerie des « monstres ».
Les deux «bretouns» furent tués en montagne, du côté d’Adret, mais les villageois n’étaient pas assez fous pour aller bâtir une église sur une côte escarpée! Ils tirèrent les corps jusque en bas du village, où ils bâtirent l’église et, pour bien rappeler le souvenir, firent sculpter deux têtes de loup pour les mettre sur la muraille.( assimilation aux garous)
Que l’église ait été bâtie ainsi, personne n’en pourra rien savoir ( nous avons la première trace d’une église à Saint-Maurice au XI eme siècle), mais les têtes de loup, elles, y sont encore.
Et puis des traces de «bretouns», il y en a d’autres: dans toute la vallée, on peut trouver des grottes où on dit que les «bretouns» habitaient. L’une d’entre elles est bien visible et porte le nom bien clair de «Grotte des Bretouns». Vous pouvez la voir de la route si vous prenez, pour aller à La chapelle en Valgaudemar, la route «grande», du côté d’adret : Saint-Firmin, Saint-Maurice, Le Roux, La Chapelle. Vous la voyez quand vous vous trouvez entre le hameau de La Grange et Saint-Maurice, si vous regardez de l’autre côté de la vallée, en face de vous, un énorme rocher, que vous ne pourrez pas manquer. Le trou dans le roc est plus que visible. Il se trouve au dessus d’un lieu dit Cloraine, où j’ai moi-même souvent gardé les chèvres, dans ma jeunesse, avec une de mes cousines. La grotte était bien connue et nous avions même essayé d’y monter, car le sentier était bien visible. Mais, en fait, il était déjà effondré et nous avons dû renoncer, sans compter le « sermon » de nos familles furieuses à cause de notre «couillonnade» (sic). Quelques années plus tard, la grotte elle-même s’effondra et son exploration semble donc devenue impossible. La tradition dit qu’on voyait souvent les «bretouns» prendre le soleil devant l’ouverture, sur le rocher. Une fois, certains voulurent les chasser et montèrent par le chemin, alors bien tracé. Mais les «bretouns» s’échappèrent dans l’intérieur de la grotte et firent tomber un énorme rocher qui en boucha le fond. «Depuis, personne ne les a plus revus.». La grotte aurait-elle une autre sortie? Il faudrait pouvoir aller y voir, mais c’est difficile: sentier et grotte effondrés, roche mauvaise… Il faudrait s’encorder, avoir des moyens techniques importants et coûteux Certains, pourtant, pensent essayer, je leur souhaite de la chance.
Un autre abri de «bretouns» , nous l’avons au dessus du village de Villard-Loubière Au dessus d’ un «riou» (torrent) comme nous disons. Il est d’abord facile: si vous voulez le voir, il vous suffit de prendre le sentier d’après le village vers la montagne, sur la droite du torrent. Vous le trouverez après un quart d’heure de marche, en peu en dessus de vous, sur votre droite. En voici la photo
On dit qu’y habitait un couple de «bretouns» qui avaient été nommés Mouton-bourron pour le mâle et joues-noires pour la femelle. Ils sont même les héros d’une comptine d’enfant que je vous donne telle que je l’ai entendue:
Moutoun-bourroun va davans (mouton bourron va devant) Gauto-negro va darrié (joues –noires va derrière)Que lou pastre es estaca (car le berger est attaché)
Parce que ces deux-la avaient, paraît-il, attaché le berger, peut-être pour lui voler une brebis? Cette chanson, je l’ai entendue bien des fois, mais personne n’a jamais pu me donner d’explication. On peut aussi penser que ces deux –la et les deux tués de Saint-Maurice pouvaient être les mêmes.. .Mais nous n’aurons certainement jamais de certitude à ce sujet.
Si vous allez à La Chapelle-en –Valgaudemar, vous y trouverez encore des histoires de «bretouns»: quand un enfant traînait un peu trop, le nez en l’air, au lieu de faire son travail, ses parents lui disaient: «Et alors? Qu’est-ce que tu fais? Tu espinches le « daruc»?»
Chez moi le mot «daruc», comme celui de «tartuc» ( les provençaux «d’en bas» disent «tartu»), désigne une personne à tête fort dure...Ce «daruc» était un sauvage qui vivait à Navette (l’actuel village, ou plutôt ruine de village, de navette), et dont le caractère était mauvais au point de terroriser le berger. Comme il ne voulait plus aller garder les moutons si le sauvage n’était pas éliminé, les habitants de Navette firent une battue, tuèrent le «daruc» et l’enterrèrent sur place, près de la bergerie, sous un gros rocher qu’on appelle depuis «Le Rocher du Daruc». Il est assez gros pour être facilement trouvé!
Un autre témoignage est récent: recueilli à La Chapelle en I961, auprès d’une vieille femme. Les «bretouns» ne savaient pas faire du feu, car ils n’en avaient pas besoin, mais il semblerait que s’ils en trouvaient, ils l’appréciaient et apprenaient à la faire car, dit la grand-mère: «Une «bretoune» venait tous les jours chercher de la braise chez Gustie pour faire du feu chez elle. ...Elle ne parlait jamais.» Si nous en croyons les apparences, une « bretoune » aurait pu apprendre à allumer un feu, si elle pouvait avoir de la braise, mais elle ne savait pas trop l’entretenir puisqu’elle devait revenir tous les jours «chez Gustie prendre de la braise».

source : Arlette LE NOEL
 

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MessagePosté le: Ven 19 Fév - 17:45 (2010)    Sujet du message: Publicité

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