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Le golem, entre le mythe et la légende

 
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paulo
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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 19:24 (2010)    Sujet du message: Le golem, entre le mythe et la légende Répondre en citant


ENTRE LE MYTHE ET LA LÉGENDE

Une seule occurrence biblique est connue de ce terme étrange GOLEM dont le sens n’est pas clair. S’agit-il d’un mythe ou d’une légende ? En fait, le mythe a accouché d’une légende puisque les motifs élémentaires ( la terre, la résistance au feu et à l’eau) y sont compris, à l’exception du dernier, le feu, restant dévolu à Dieu. Il existe ici de manière incontestable un
arrière-plan gnostique, celui d’une rivalité entre D eu et les hommes. Voyons le mythe de la création qui se profile ici en filigrane : l’homme peut-il imiter Dieu ? Peut-on créer un homme autrement qu’en s’unissant à une femme ?Le golem constitue le mythe de la création d’Adam revisité : Adam est à Dieu ce que le Golem est à l’homme, une créature, qui est nécessairement imparfaite. Puisque dépourvu d’âme et de parole . Enfin, ce mythe du Golem a largement imprégné de manière directe ou indirecte les thèmes de Faust et de
l’apprenti- sorcier.

Dans la pensée juive et la littérature traditionnelle, cette idée du Golem révèle la lutte entre diverses conceptions contradictoires : l’une gnostique, véhiculant une certaine rivalité entre Dieu et les hommes, et l’autre subrogeant tous les éléments et la vie elle-même au monothéisme. Après l’unique occurrence biblique (Psaume 139), on peut signaler que Luther dans sa traduction allemande de ce Psaume parle de Gebein tandis que le Talmud
(Sanhédrin 22b et Hullin 25a) énonce les différents sens du terme : un homme écervelé, un bon à rien et une femme qui n’a pas encore été fécondée, c’est-à-dire qui n’a pas encore enfanté.
Dans le sefer Yetsira, le premier ouvrage de cosmologie juive , le patriarche Abraham, censé en être l’auteur, se voit interpellé par Dieu lui-même qui s’inquiète tant le patriarche s’abîme dans l’étude de ce livre. Abraham aurait même créé de toutes pièces le veau qu’il offrit en festin aux trois anges qui lui rendirent visite. Les innombrables commentaires de ce livre par les premiers hassidim, par Saadia Gaon, et d’autres ont promu le thème du
Golem à un niveau qu’il n’avait encore jamais atteint. Voici l’une des recettes proposées pour créer un Golem : choisir une motte de terre vierge, intouchée par une charrue, y enfouir une glaise d’une grande pureté, se livrer à des processions circulaires autour d’ elle en récitant des groupes de lettres de l’alphabet hébraïque dans un certain sens : le golem émerge alors lentement de la terre. Pour le réduire à néant, il suffit de lire les
mêmes formules magiques dans un ordre contraire.
Le hassidisme allemand des XII-XIIIe siècles, ont largement abordé l’idée de l’ homonculus. Même le Bahir n’est pas en reste puisqu’il accorde à la mystique des lettres une grande importance et qu’il s’attache à l’exégèse du Psaume 8 ;6 qui stipule que’il manque peu de chose à l’homme pour égaler Dieu (wa-téhasséréhu me’at mé-Elohim)

Comme on le laissait entendre, le mythe a donné lieu à la légende dans l’imaginaire juif qui a vu dans le GOLEM une formidable libération de sa faculté fabulatrice : le Golem devint l’instrument de libération des juifs de leurs oppresseurs.
Mais c’est seulement à partir des XVII-XVIIIe siècles que l’on rattacha la création du Golem à deux personnalités quasi-légendaires, rabbi Eliyahu de Chelm (Pologne), ancêtre du Hacham Zewi (mort en 1705), père de Jacob Emden, et au Maharal de Prague, mort centenaire à Prague en 1609. La légende nous dit que la mort s’était cachée dans une belle fleur offerte par sa petite fille ; il en huma le parfum sans crainte et rendit l’âme.
Pourquoi le Maharal ? Personnalité charismatique du judaïsme de l’époque, il eut l’insigne honneur de s’entretenir avec l’Empereur Rodolphe II qui était un grand amateur de mysticisme et d’occultisme.

Le grand public a toujours cru que le thème -disons plutôt le mythe- du Golem est inséparable de la figure emblématique du Maharal de Prague (Morénu ha-Rav Loew ; mort en 1609), mis à l'honneur par André Neher. En réalité, c'est, comme on le verra plus bas, au début du XXe siècle qu'un rabbin polonais du nom de Judel Rosenberg publia un recueil intitulé Nifléot ha-Maharal (Les prodiges du Maharal) où il produisit des documents qui étaient des faux.. Le très bon livre de Moshé Idel permet de remettre les choses à leur place
Le Golem est une sorte d'anthropoïde dont on retrouve la trace jusque dans les couches les plus archaïques de la littérature juive, à savoir le Talmud et le Sefer Yetsira (Livre de la formation) qui contient la plus ancienne cosmologie d'Israël. La relation entre ces deux textes n'est guère fortuite : pour la tradition juive, l'univers a été créé par les vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque et les dix premières unités (on sait qu'il s'agit là aussi de lettres dont la valeur numérique va de un à dix). L'addition de ces deux sommes donne trente-deux, c'est pourquoi cette même tradition parle des trente-deux voies de la sagesse: puisque le substrat de l'univers correspond à ce chiffre, il existe donc une adéquation entre la réalité de l'univers et son intelligibilité. Il est permis de dire que les lettres de l'alphabet
hébraïque constituent bien l'archétype intelligible du monde. Mais quel rapport existe-t-il entre de telles spéculations et la création, réelle ou imaginaire, d'un anthropoïde tel que le Golem ?
Un passage talmudique célèbre (Sanhédrin 65b) parle d'un Sage appelé Rabba qui créa un homme (Rabba bera gabra). Dans un autre passage, tout aussi célèbre, il est question de deux autres Sages, Hanina et Ochaya, qui créèrent un veau la veille du chabbat et le consommèrent ce jour là. Les générations suivantes se partagèrent grosso modo entre deux opinions, celle qui opta résolument pour une sorte de spiritualisation, à savoir que le récit talmudique ne devait pas être pris au pied de la lettre, et celle, plus mystique, voire même magique, qui accréditera par la suite l'existence d'un tel Golem et en attribuera la paternité au Maharal de Prague.
Dans leurs spéculations sur la création de l'univers et de l'homme par Dieu, les Sages se demandaient s'il était possible à l'homme d'en faire autant, c'est-à-dire de modeler une poussière ou une terre vierge, de réciter diverses combinaisons de lettres de l'alphabet et d'en faire jaillir un sorte d'homocunlus. Leur attention fut attirée par un curieux verset de la Genèse (12;5) qui parle des “âmes qu'ils (Abraham et Sarah) avaient faites à Haran”.Un tanna du IIe siècle avait dit à ce sujet (Beréshit rabba 39,13) “que même si toutes les créatures du monde s'étaient liées pour faire un simple moucheron et lui insuffler une âme, elles n'auraient pas réussi dans cette entreprise.”
Certaines sources midrashique anciennes prêtent à Abraham une forte propension à étudier le Sefer Yetsira: Dieu, en personne, demande au patriarche s'il cherche à l'imiter. Il lui conseille alors de chercher un compagnon d'étude. Abraham suit cette injonction à la lettre et se met à l'école de Sem (Bet-midrasho shél Shém).
Les rabbins ont voulu trouver dans ce verset de la Genèse l'idée que l'on pouvait réellement “faire des âmes”: ils se demandèrent si, au fond, Raba n'était pas parvenu à insuffler un souffle de vie dans une motte de terre… Tel fut le noyau des spéculations juives du début du Moyen Age jusqu'à la Renaissance: comme tout auteur juif, qu'il fût rationaliste ou mysticisant, se devait de commenter le fameux Sefer Yetsira (Livre de la formation), les
spéculations sur la nature du Golem renaissaient à intervalles réguliers. Même le Sefer hassidim (Guide des dévotieux ; XIIIe siècle) des piétistes rhénans ne fait pas exception à la règle :
“Quiconque s'abîme dans l'étude du Sefer Yetsira doit se purifier et se vêtir de blanc. On ne doit pas étudier le S.Y. tout seul. Il faut être deux ou trois, ainsi qu'il est écrit : les âmes faites à Haran (Gen. 12;5) et Eccl. 4;9 : deux valent mieux qu'un... C'est pour cela que le texte sacré dit : il n'est pas bon pour l'homme d'être seul ; je lui ferai un aide correspondant.
C'est la raison pour laquelle l'Ecriture comme par la lettre bét: béréshit bara… Qu'il prenne de la terre vierge dans une montagne qui n'a encore jamais été labourée. Qu'il malaxe la poussière à l'aide d'eau vive et qu'il construise un Golem. Il combinera les lettres des 231 portiques, syntagme par syntagme, en faisant correspondre chaque membre avec la lettre correspondante dans le S.Y.…”
Rappelons que le terme hébraïque Golem est un hapax, c'est-à-dire qu'il ne connaît qu'une occurrence unique dans toute la Bible, et notamment en Psaume 139;16: mon embryon (golmi) tes yeux l'ont vu …
Est-ce que toute la pensée juive, du Moyen Age à la Renaissance, a pris une telle croyance naïve au pied de la lettre? Nullement! La réelle création d'un Golem n'a jamais fait l'unanimité: Moshé Idel cite un texte tiré d'un ouvrage anonyme, le Sefer ner Elohim (Livre de la lumière divine) où on lit ceci : “Ne crois pas la folie de ceux qui étudient le S.Y. afin de créer un veau de trois ans, car ceux qui prétendent agir ainsi sont eux-mêmes des veaux. Et si Rabba a créé un homme et l'a de nouveau réduit en cendres, il y a là-dedans un secret et ce n'est pas le sens littéral de ce propos. Et celui qui a fait cela le soir du chabbat, l'a fait pour une raison impérieuse et secrète…”
La tradition populaire, juive et non-juive, a attribué la création du Golem au Maharal de Prague qui vivait au XVIe siècle. Comme le note Idel dans son ouvrage “la version la plus fameuse de la création du Golem ne saurait être plus ancienne que le début du XIXe siècle.” Mais ici, comme ailleurs, l'imaginaire juif et européen n'a pas pu empêcher la légende de prendre le pas sur l'Histoire: qu'on songe aux déclarations de Pic de la Mirandole (aidé par le converti juif Flavius Mithridates), de Ludivico Lazzarelli, intellectuel italien de la fin du XVe siècle, Johannes Reuchlin et de Cornelius Agrippa de Nettesheim: tous ces savants vivaient à une époque où la magie et le néoplatonisme avaient détrôné les derniers bastions de l'averroïsme, ouvrant la voie à de telles spéculations sur le Golem. Il faut signaler, cependant, que les contemporains ou les prédécesseurs juifs de certains de
ces kabbalistes chrétiens avaient tout fait pour réduire l'impact de la magie : ils déclarèrent par exemple, que l'ordre des lettres, fourni par le Livre de la formation, avait été gravement troublé réduisant à néant leur pouvoir créateur…
En réalité, tout se jouera vers le début du XXe siècle, lorsque le rabbin de Varsovie, cité plus haut, Judel Rosenberg, publiera des faux qu'il intitulera Les prodiges du Maharal. On y conte la légende d'une créature à l'apparence humaine qui agissait comme un robot docile, sans toutefois avoir le don de la parole. Idel a eu raison de s'interroger sur le caractère imaginaire d'une telle créature: c'est que le Maharal de Prague n'a, lui-même, jamais évoqué
un tel anthropoïde dans ses écrits… Peut-on dire qu'un tel Golem n'a pu germer que dans un imaginaire juif profondément traumatisé par des siècles de persécutions sanglantes ? N'est-ce, au fond, qu'un Ersatz de Messie vengeur qui protégeait les reclus du ghetto? En tout état de cause, c'est pratiquement la seule figure légendaire d'importance que le judaïsme ait transmise à son environnement européen. Elle enflamma l'imagination de tant
d'écrivains dont Goethe lui-même, Jacob Grimm, E.T.A. Hoffmann et A. de Chamisso. Comment expliquer un tel engouement? La figure légendaire du Golem fascinait tout le monde, à commencer par les populations juives d'Europe pour lesquelles cette création d'un homonculus n'était pas vraiment une nouveauté : Jacob Emden (1697-1776), ancien rabbin d'Altona, nous informe dans son autogiographie Megillat Sefer (trad. française par M-R. hayoun, Cerf, 1992) que l'un de ses aïeux rabbi Eliyahou de Chelm avait lui aussi créé un Golem : “Abba Rabba était le Gaon, le dévot de la prêtrise, l'auteur des responsa intitulées Shaar Ephraïm ; il présidait le tribunal rabbinique de la ville de Vilna qui jouissait jadis de la paix et du bien-être; il avait des attestations généalogiques remontant à Aaron le pontife ; il était devenu le gendre de l'un des petits-fils du gaon rabbi Eliyahou Baalshem l'Ancien qui
fut président du tribunal rabbinique de la sainte congrégation de Chelm. Consultez les responsa d'Abba Mari le gaon, que la mémoire du Juste soit une bénédiction, qui créa un homme et en relata l'histoire : l'oeuvre de ses mains n'était pas dotée de la parole et le servait comme un esclave sert son maître. Lorsque celui-ci se rendit compte que sa création se développait au point d'échapper à son contrôle, il prit son courage à deux mains et tenta d'arracher de son front l'inscription du NOM d'où elle tirait sa puissance. Il parvint à se saisir du parchemin provoquant la chute de l'esclave qui s'écroula comme une masse de glaise. Mais dans sa chute, il griffa tout le visage de son Maître.” ( pp 67-68)

Il faut signaler que le père de Jacob Emden, le Hakham Zwi Ashkenazi, a même traité du phénomène du Golem dans une de ses consultations religieuses : c'est dire combien on prenait la chose au sérieux dans certains milieux juifs de la fin du XVIIe siècle. Ce qui ne manqua pas de frapper l'imaginaire européen, c'est probablement le thème de l'apprenti-sorcier (du Zauberlehrling) qui perd le contrôle de sa créature… Nous sommes peut-être en présence de l'archétype du Faust, comme le suggéra Néher dans son dernier livre Faust et
le Maharal de Prague, 1989, PUF.
Mais donnons, pour finir, la parole à Gershom Scholem :

“Le Golem débute comme une figure légendaire. Ensuite il s'est transformé en un objet de rite mystique d'initiation, qui semble avoir été effectivement pratiqué, afin de confirmer l'adepte dans sa maîtrise d'un savoir secret. Puis les rumeurs des non-initiés le firent se dégrader en un objet de légende, ou bien, si l'on veut, en un mythe tellurien.”

Source www.consistoire.org/mrh/golem.html
 

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MessagePosté le: Mer 24 Fév - 19:24 (2010)    Sujet du message: Publicité

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